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A propos des anciennes Halles de l'Ile à Genève

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A propos des anciennes Halles de l'Ile à Genève En 1845, le Conseil municipal vote un arrêté prévoyant la construction d’un nouvel abattoir en aval d6 l'Ile, selon le projet de M. Vignoux. L'architecte construit deux corps de bâtiment rectangulaire qui se font face et dont les grands côtés sont parallèles au courant du fleuve. Cette structure linéaire est terminée par une rotonde demi-circulaire, véritable poupe de l'île. En 1876 les abattoirs se transforment en marché couvert: on recouvre la rue initiale d'une toiture en verre. Les écuries devant les bâtiments sont démolies et l'on y aménage une place à l'ombre des platanes. De I960 à 1969 le marché est déficitaire et le conseil administratif de la Ville envisage la démolition des halles et pr.évoit d'arfecter le terrain en promenade publique et café. Un concours est organisé. En outre plusieurs autres projets sont "dans l'air": parking, banque, tour commerciale, etc. En 1969, lors d'une enquête auprès de la population sur le maintien ou non des halles, seules 222 personnes ( 16% ) se prononcent pour la conservation du bâtiment. De 1971 à 1978 "l'état d'esprit change" comme le souligne le conseil municipal et un crédit est voté pour la restauration des halles. L'architecte Gilbert Frey est chargé des travaux. En supprimant la verrière, le projet tend à retrouver l'image architecturale des halles de 1845, Les adjonctions ou transformations nouvelles sont réalisées en métal. Inaugurée en mars 1981, cette restauration offre un but de promenade et de villégiature, un lieu de rencontre artistique, et un podium à la publicité tapageuse des projets de la Ville de Genève. * La stratégie, louable en soi, qui voudrait rendre ou offtir au public un ensemble de lieux privilégiés dans la ville, nous interroge sur la signification de l'acte de transformer: transformation des contenus et des espaces. La volonté des autorités de conserver l'image archi­ tecturale du lieu et d'en modifier l'usage (passage d'un espace destiné au travail et au commerce à l'af­ fectation actuelle) a été prétexte à une transformation conservatrice des structures porteuses du bâtiment et à un rejet de toutes les traces de la vie sociale qu'il a pu contenir. Ainsi par une opération hygiéniste, de "bon goût" et "humble", pour reprendre les termes de l'architecte mandaté, a-t-on remplacé la verrière couvrant la rue marchande par des arcades vitrées perpendiculaires au sens de portée, détruit les car­ relages souirlés et les étals de 'boucher, refait les crépis et fermé les arcades par des cadres de vitrage métalliques. Les couleurs choisies - jaune vif et brun

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foncé pour la serrurerie - ainsi que la présence marquée de diverses gaines de ventilation et de chauffage, connotent une architecture d'expression industrielle, dont on pensait que Beaubourg serait la dernière représentation» La question de l'inscription de nouveaux éléments de composition dans la structure existante était posée aux architectes; fallait-il figer une période histo­ rique, exprimer une continuité ou marquer une rupture par l'affirmation d'un langage, par le jeu démonstratif d'un "événement architectural"? Par leur situation, les halles de l'Ile, au delà de leur aspect peût-être "ordinaire" au sens de R. Venturi, font partie de ces signes urbains qui engagent la ville tout entière. Ville comprise comme structure mnémonique totale où tous les éléments de composition (configuration de rues, places, tissus, parcours, objets particuliers, etc) et les contenus qu'ils soustendent engagent le citadin dans un processus d'identification. La démolition de la verrière et le nettoyage, aussi propre soi-il, de la rue intérieure transformée en petite place, ont-il vidé ce bâtiment d'une vie soci.ale urbaine, ou s'agit-il de l'expression plus générale du phénomène de te'rtiarisation du centre ville et de l'exode de ses habitants, phénomène ponctué de re­ virements nostalgiques pour des objets fétiches? Au delà de cette nostalgie, la rénovation urbaine devrait préciser sa réalité dans le pouvoir de super­ position, de renouvellement, de mutation des signes urbains sur les traces de l'histoire de la cité et ne plus relever d'opérations ponctuelles de conservation de façades, mais s'inscrire dans une politique plus globale où l'architecture est reconnue comme moyen de connaissance indissociable dcj contenu tant social que spatial qu'elle véhicule, Patrick Devanthéry Inès Lamunière